Par le suivi de chantiers de réhabilitations lourdes durant plusieurs années, Fabien Vaissière s’intéresse à l’observation sensible de l’homme au travers du prisme de son espace vécu.
Ce projet photographique est dirigé par l’esthétique formelle dessinée par l’empreinte humaine, du grand territoire à l’intimité de l’objet architecturé.
Dans la série « Introspection », l’homme, pudique et humble, est souvent absent des scènes dont il est l’auteur. Les lieux sont vides, emplis de sens. Libre d’interprétation, l’espace intérieur est présenté nu, sans aucun travail de mise en scène, comme une vérité sensible et intuitive.Cheminement dans un espace intérieur en transition. Le dialogue entre l’ombre et la lumière guide l’exploration sensible des volumes intimes.
Paradoxe d’une tension sans mouvement révélant l’esthétique éphémère des lieux.
A l’aube de leur métamorphose, ces intérieurs abandonnés et oubliés sont ici observés comme une transposition métaphorique d’un parcours introspectif
épuré au travers duquel le regard du photographe explore la puissance des scènes entre ordre et chaos.
L’art est là, emprunté à l’espace et à la matière pour traduire la vérité du lieu, saisie dans l’intimité et le dénuement le plus total.
La force des scènes frappe. Les repères sont bousculés. La logique spatiale se veut poésie comme un témoignage immatériel empreint de respect.
L’identité des espaces vécus est interrogée par ces extraits sensibles.
Face à l’urgence temps, les séquences s’ordonnent comme un alphabet esthétique pour traduire le message fragile d’une trace anthropique qui ne doit être effacée.
Ce travail à donné lieu à une exposition personnelle en 2016 à la galerie D’Ornano à Sisteron (04).