Skip to the content
  • Intentions
  • Matières signifiantes
    • Choses géologiques
    • Choses botaniques
  • Installations
  • Dessins
  • Photographies
    • Introspection
  • Contact et book
Fabien Vaissière
  • Intentions
  • Matières signifiantes
    • Choses géologiques
    • Choses botaniques
  • Installations
  • Dessins
  • Photographies
    • Introspection
  • Contact et book

Site en cours de développement

© 2025 Fabien Vaissière.

Powered by WordPress.

Theme by Anders Norén.

Intentions

Immergé dans la géologie chaotique des Alpes-de-Haute-Provence, le langage pur et minimal des grands espaces aux reliefs accidentés a accompagné mon développement sensible.
Le charisme des terres à nu, révélant leur squelette minéral ainsi que l’élégance de leurs habits végétaux peuplent l’imaginaire de mes déambulations sauvages précoces. L’immersion libre dans des environnements riches et indomptés a généré une intuition du réel qui n’a eu cesse d’émerger sous forme de pulsions créatives diverses. Depuis l’enfance, le travail des formes, des volumes et des matières brutes dans l’atelier de mon père ébéniste d’art n’a cessé d’infuser en moi.
Mon appétence naturaliste m’a conduit vers des études scientifiques en géologie et en biologie complétées par un cursus en sciences humaines de cartographie et étude des territoires, fabrique des formes urbaines et architecturales.
Dans ma pratique artistique actuelle, minimaliste et épurée, j’utilise des matières brutes minérales et végétales glanées dans des veines montagneuses, dans le lit des cours d’eau, dans les forets d’alpages ou sur le dos des collines.
Par son aspect opportuniste, le glanage fait partie de ma démarche artistique. Il laisse au cheminement le vertige de la découverte s’opposant ainsi à la logique dominatrice de l’homme sur son environnement, notamment dans ses effusions extractivistes. Je retrouve la philosophie nomade du cueilleur qui ne peut accumuler que ce que son sac lui permet.
Je relève les coordonnées géographiques des matières prélevées et réalise une captation sonore courte qui accompagne l’œuvre dans une autre dimension et complète l’archive du prélèvement. Le fichier est versé sur la blockchain en NFT. Cela constitue une forme de sédimentation numérique liée à l’œuvre et au territoire.
Ce référencement des prélèvements, inspiré de la méthode scientifique, donne du sens au processus d’archivage sensible : lier l’œuvre au territoire et questionner la valorisation des matières naturelles, tant scientifique que spéculative. L’œuvre interroge le fait que les matières qui ne servent pas le processus symbolique ou productif de l’homme soient peu étudiées par la science et n’aient pas de valeur spécifique.
Par la vérité des matières vernaculaires et des mises en scène épurées, je souhaite montrer la préciosité de chaque élément constitutif de notre environnement immédiat et la futilité de nos domaines de valeurs absolues.
Par la cartographie des prélèvements, je questionne la limite, la frontière et la continuité, entre un territoire et un autre, entre un biotope et un autre, entre une couche géologique et une autre, la limite entre l’intérieur de la terre et la surface, son écorce, entre le temps long de la minéralisation et le temps court de la vie organique.
J’emprunte à la classification naturaliste, à la démarche scientifique, à la collection le potentiel esthétique de la série. Quel est le rôle de l’unique, du rare, de la valeur unitaire ?
Ainsi chaque exemplaire, chaque fragment, chaque particule est fractale unique qui, connectée au corps de la série, compose un rythme. L’ensemble devient forme évocatrice de la paroi rocheuse ou du sol reconstitué. Les roches sculptées peuvent être fossiles, traces des mers passées ou des mouvements tectoniques, arrachées aux montagnes et façonnées par l’énergie de l’eau.
Je me livre à une poétique de la géologie, à une poétique de la botanique.
Je travaille les matières aux couleurs et textures contrastées, notamment la marne noire plus connue sous le nom de robine en Haute-Provence. Cette roche sans valeur particulière, issue de dépôts sédimentaires marins possède une structure aux caractéristiques de dureté unique, allant de l’extrême friabilité à la solidité selon sa composition.
La matière naturelle n’est pas un simple matériaux mais est signifiante et autonome et questionne intrinsèquement notre rapport à l’espace et au temps.
La sculpture d’objets bruts scellés sur toile ou sur planche - non pour les y enfermer mais à l’inverse pour leur rendre leur mobilité dans le véhicule du tableau - opère une réconciliation des trois dimensions objectives de l’objet matière avec l’espace concis du cadre.
L’œuvre devient totémique : nous sommes la pierre, nous sommes le végétal, nous sommes sédiments agglomérés par le temps, nous sommes molécules concrètes, nous sommes abstractions, nous sommes étape dans le processus d’évolution.
En intégrant ces pièces dans les milieux humains, dans les intimités personnelles et les lieux publics, je veux donner une place au minimal symbolique brut et sauvage dans les espaces vécus, non comme un hommage à la nature en tant qu’altérité, mais comme un connecteur essentiel à notre propre nature.